GROUPE TECHNIQUE N°4A (sous-groupe élémentaire et collège)
Synthèse de la réunion du 14 février 2000
Lors de la dernière réunion du groupe, le 7 décembre 1999, chaque enseignant s’était engagé à travailler spécifiquement l’oral dans sa classe, à travers différentes activités. Aujourd’hui, chacun doit relater ce qui, dans ces expériences, a bien fonctionné ou non.
Madame Arnoud, PE2 a rejoint le groupe à l’invitation de madame Coutelier. En effet, celle-ci prépare un mémoire sur l’oral qu’elle argumente à partir de séquences menées à l’école du Pont Boileau entre autres
Généralement, nous avons convenu que l’oral était rarement travaillé en tant qu’outil et objet d’apprentissage. On travaille l’oral en passant par l’écrit le plus souvent.
Expériences.
* Une classe a travaillé sur le conte, tout d’abord à l’écrit. C’est donc cette entrée qui a été privilégiée pour travailler l’oral. A l’aide d’un jeu de cartes « il était une fois », les élèves ont été amenés à créer oralement des histoires, avec les contraintes imposées par les textes et illustrations imprimées sur les cartes tirées par les élèves. Ceux-ci étaient répartis par groupes de niveaux. Le 1er groupe a spontanément utilisé le passé simple et l’imparfait. Des dialogues ont été créés, des bruitages introduits. Une évaluation par la réécoute a été réalisée à l’aide d’un enregistrement, ceci permettant de repérer les besoins d’exercices transversaux sur la voix par exemple (articulation, intensité, débit...). Par ailleurs des contes enregistrés par des professionnels ont été écoutés, ceci permettant une imprégnation au niveau de l’expression (repérage des invariants).
* Un atelier théâtre est menée dans le cadre d’un projet global sur la citoyenneté. Les exercices d’approche puisés dans le contenu du stage théâtre ont permis de rectifier l’ambition impossible de jouer une pièce ou des sketches de suite. L’écriture de sketches s’est appuyée sur le vécu de ce projet : suivi et improvisation de séances au tribunal de La Roche sur Yon. Outre la nécessité d’employer un vocabulaire et une solennité adéquat, des effets sur l’attitude quotidienne des enfants ont été observés. La difficulté de pouvoir obtenir une auto-évaluation des élèves a été levée par l’utilisation de la vidéo. Encore faut-il que les enfants y soient habitués pour ne pas les bloquer davantage.
* Dans le cadre d’un parcours diversifié «poésie-calligaphie-théâtre » pour une classe de 5ème au collège, un travail sur le dialogue a permis de repérer le fonctionnement d’une pièce de théâtre avant de l’apprendre et de la jouer.(La farce de maître Patelin). L’évaluation s’est effectuée avec le support d’une grille, élaborée conjointement avec les élèves. Ces derniers ont participé activement à cette évaluation, en donnant leur avis sur les prestations de leurs camarades.
* Une classe élémentaire a également mené un travail autour du dialogue ( Le docteur Knock). Parallèlement, beaucoup de jeux d’écoute ont été pratiqués en musique.
* Dans un groupe scolaire, des «ateliers théâtre » ont lieu chaque semaine, dans le cadre d’un décloisonnement cycle 3 et CLIS. L’enseignante bâtit ses séances principalement à partir des apports du stage de circonscription dont la 1ère partie a eu lieu au mois d’octobre Les élèves participent à ces ateliers à raison d’une séance hebdomadaire, ce pendant 6 semaines. C’est l’aspect « technique » du théâtre qui est privilégié cette année, sous forme de nombreux exercices portant sur le geste, la voix, la prise de confiance... L’objectif pour l’an prochain serait de monter un spectacle, dont la forme reste encore à définir.
Conclusions :
De façon récurrente, plusieurs problématiques ont été évoquées : .
L’écoute. Comment mettre en place une réelle pédagogie de l’écoute ? Un préalable peut être de ne cibler qu’un seul objectif à la fois (par exemple n’écouter que la hauteur de la voix). Une autre voie peut être l’éducation du spectateur (amener les élèves au spectacle, les initier à la critique constructive...).
Prise de parole équitable. Nécessité de prévoir des groupes de besoin, de proposer des exercices appropriés
L ’évaluation. Ne pas se limiter à une évaluation sommative ; pour qu’elle soit formative, elle doit viser à recibler les besoins, à redéfinir des objectifs, donc à proposer de nouveaux exercices.
Enfin, il parait opportun de profiter de certaines spécificités culturelles ( l’importance de l’oral dans la culture maghrébine peut permettre de valoriser certains enfants).
Des articles ont été distribués aux membres du groupe, notamment autour de la place de l’oral dans les manuels à l’école élémentaire, de l’enseignement de l’oral à l’école maternelle en utilisant les nuances langagières, dont en particulier les enjeux de l’humour. Une bibliographie est jointe à ces documents.
Une prochaine réunion est fixée au 22 mai 2000 à 17h15 au collège PIOBETTA. Elle s’orientera vers une réflexion sur des progressions et d’éventuelles grilles d’évaluation.